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Le métier d’entraîneur: Les qualités requises

Quelles qualités devrait-on rechercher chez son entraîneur?

Et malgré tout ce qui a été dit, Joe Blow décrié dans ce texte pourrait quand même s’avérer tout à fait compétent pour certains d’entre nous… Partant du principe que les clients de Joe Blow sont très satisfaits de son travail, on est tenté de se demander s’il ne faudrait pas plutôt inverser la question : pour définir ce qu’est un bon entraîneur, ne faudrait-il pas en fait demander aux gens ce qu’ils veulent? En bon avocat du diable, François Lecot tente une définition toute subjective – mais non moins éclairée – du « bon entraîneur », dont le niveau serait défini par les actions qu’il porte sur autrui et sur lui-même.

Selon lui, l’entraîneur devrait posséder à la base des qualités motivationnelles, de prescription d’entraînement et de suivi de ses clients, un trio de compétences qui répond tant au besoin de réassurance, d’organisation des activités, que de soutien de sa clientèle. Le niveau suivant de l’entraîneur est atteint si celui-ci se questionne sur la réponse de son athlète à l’entraînement donné, et modifie son plan en conséquence… ce que moins de professionnels savent faire. Le niveau ultime de l’entraîneur, selon le formateur, est celui où l’entraîneur se questionne sur lui-même et remet en question ce qu’il fait, chose qu’encore moins d’entraîneurs osent faire. En outre, « un vrai [kinésiologue/entraîneur] ne se [contente] pas que du savoir magistral, qu’il [combine] à un savoir-faire, un savoir-être, [visant davantage] l’autonomisation de la clientèle qu’à son maintien sous tutelle », avance-t-il. « Si l’athlète se pose des questions, c’est qu’il est capable de t’aider en tant qu’entraîneur » et, de ce fait, contribuer à élever le partenariat entraîneur-athlète à un stade d’entente et de respect mutuels.

Autrement dit, un entraîneur qui est peu expansif sur ses méthodes et vous garde dans le flou a peut-être plus l’objectif de maintenir son autorité sur vous que de vous aider. Cette relation de dépendance entraîneur-entraîné, si elle s’avère efficace sur le court terme, n’a pas fait ses preuves sur la durée et ne peut que vous handicaper dans votre désir de performance. Si vous décelez cette attitude chez votre entraîneur actuel, fuyez et trouvez quelqu’un qui saura vous informer et vous sensibiliser à tous les paramètres qui englobent votre propre prise en charge.

À ce sujet, John Lofranco apporte une nuance qui n’est pas dénudée d’intérêt. Selon lui, « l’influence et l’importance d’un diplôme en Sciences de l’Activité Physique [sont] très exagérées ». Il cite les exemples d’entraîneurs comme « Richard Lee, Steve Boyd, Félix-Antoine Lapointe », entraîneurs respectifs de Rachel Cliff (record national du marathon féminin), de Lyndsay Tessier (deuxième Canadienne la plus rapide actuellement) et de Charles Philibert-Thiboutot. Aucun d’entre eux ne possède de baccalauréat en Kinésiologie (plutôt la formation PNCE), mais détient surtout des qualités humaines, qui ne sont pas l’apanage de tout le monde. En d’autres mots, « être kinésiologue n’apporte pas de garantie, ni moins d’avantages [que le fait d’]être un entraîneur […] Regarder l’athlète dans les yeux et demander « comment ça va aujourd’hui? » [peut] en effet [être] le meilleur diagnostic qu’un entraîneur puisse faire ».

Par ailleurs, aux yeux de Stéphane Pilon, conseiller chez Boutique Courir et animateur de séances de vélo stationnaire, un entraîneur « [devrait] au moins pratiquer ou avoir pratiqué la discipline qu’il entraîne et ce, de façon assez large dans le temps », ne serait-ce que pour comprendre le milieu dans lequel évoluent ses clients et en appréhender les charges de stress physiques et psychologiques associées.

En somme, les athlètes et les clients auraient à eux seuls le pouvoir de juger de la compétence de leur entraîneur, plus que la quantité de diplômes affichés sur le mur de son bureau.

 

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Sources intro
L’utilisation du genre masculin dans le texte a pour but d’alléger celui-ci et de faciliter la lecture.
Panel des répondants qui ont contribué à l’élaboration de ce dossier (par ordre alphabétique) :
  • Jean-Yves Cloutier – Entraîneur certifié PNCE niveau 2, fondateur du club d’athlétisme Les Vainqueurs, conférencier et auteur de « Courir au bon rythme » I et II.
  • Alain Dufort – B.Sc Éducation Physique, conseiller à la vente chez Boutique Courir.
  • Dorys Langlois – B.Sc Kinésiologie, entraîneur certifié PNCE niveau 4, entraîneur personnel et de groupe.
  • François Lecot – M.Sc Sciences de l’activité physique, entraîneur certifié PNCE niveau 3, chroniqueur au magazine KMag, adjoint à la direction (volet académique) et chargé de cours l’École de Kinésiologie et des Sciences de l’activité physique de la Faculté de Médecine de l’Université de Montréal.
  • John Lofranco – Entraîneur certifié PNCE niveau 4 et en Athlétisme Endurance, Diplôme avancé en Entraînement (INS Québec), gestionnaire pour la formation et développement des entraîneurs chez Athlétisme Canada.
  • Daniel Mercier – M.Sc Physiologie de l’exercice, co-auteur du test Navette, consultant en entraînement.
  • Stéphane Pilon – B.Sc Biochimie, conseiller à la vente chez Boutique Courir, animateur de séances de vélo stationnaire.

Sources page 2
L’évaluation de la condition physique consiste à administrer un ou plusieurs test-s d’effort sous-maximal à maximal à un individu, suivant un protocole établi, dans le but d’établir différentes mesures relatives à sa performance.

Sources conclusion:
Jean-Yves Cloutier, Michel Gauthier, « Courir au bon rythme I », Éditions La Presse, 2017 et « Courir au bon rythme II », Éditions La Presse, 2013.