Retour

Principe de progression – respecter ses limites

Quand on parle de ce qui rend des athlètes performants, on évoque souvent les gènes, un peu comme un cadeau divin ou une destinée particulière : celui-ci ou celle-là est doué(e) car ses parents ont été olympiens, parce qu’il ou elle a des racines africaines (Éthiopie, Kenya, etc.), parce qu’il ou elle a un VO2 max supérieur à la moyenne, etc. Même si le talent a une part à jouer dans le succès de certain(e)s sportifs(ves), ce que la plupart des médias ne montrent pas, c’est le travail de longue haleine qui sous-tend la pratique d’un sport de haut niveau. Au cœur d’un 21ème siècle effréné où le bonheur instantané règne en roi et maître, où les écueils de la vie apparaissent parfois comme des obstacles insurmontables, les notions de patience et de persévérance sont le plus souvent honnies, sinon carrément démenties par certaines idées fausses promettant des panacées obtenues à effort minimal ou sous forme de petites pilules très louches (!).

Or, en entraînement comme dans la vie, il n’existe malheureusement pas de potion magique. Même si une certaine marge de la performance est attribuable aux gènes, celle-ci est infime et ne peut être appréciée qu’en parallèle d’un programme d’entraînement complet basé sur la constance, la technicité, le respect de la progression dans le temps et la persévérance

Qu’entend-on par là? On entend qu’en grande partie, c’est le non-respect du principe de progression, lorsque « la charge cumulative spécifique à la structure de chaque coureur/coureuse excède la capacité de cette structure », qui augmente le taux d’incidence des blessures. Celles-ci peuvent survenir à tout moment et auprès de n’importe quel(le) athlète si des changements dans le « taux de participation », dans la « distribution de la charge » et dans la « magnitude de la charge »[2] sont apportés sans que ne soit prise en compte la capacité du sujet. Par exemple, courir soudainement plus souvent ou plus intensément qu’à votre habitude sur une durée prolongée, changer de chaussure, de type de terrain (sentiers, bitume, piste, etc.), ou de technique de course sans effectuer une transition adéquate, sont des exemples où la charge appliquée à votre structure pourrait dépasser la capacité de réparation de vos tissus, si celle-ci était mal gérée. Autrement dit, si vous allez trop fort, trop vite, ce n’est pas la gloire que vous pourchassez, mais bien l’inflammation d’une articulation!

Comment faire, alors pour bien jauger l’effort sans risquer d’en faire trop? Tel que mentionné dans l’introduction du texte, un bon point de départ serait d’évaluer votre capacité aérobie et, dans le meilleur des cas, vous lier à un(e) kinésiologue qui saurait bâtir un plan d’entraînement personnalisé pour vous. Sinon, vous pourriez vous rabattre sur des plans d’entraînement offerts à l’intérieur de l’un des livres de nos partenaires, ou encore joindre un groupe de course comme le bRUNch sportif [3] de Boutique Courir une communauté centrée sur la course, le bien-être et la convivialité à Montréal – tout cela dans le but de générer une habitude de course saine et assidue.

Puis, suivant une pratique régulière, assurez-vous de respecter certains principes fondamentaux… D’abord, considérez chaque aspect de votre vie – les aspects personnels, professionnels, familiaux, etc. – comme des éléments pouvant influencer votre entraînement (et vice-versa), apportant parfois une dose de stress qui influence négativement votre progression. Accepter ceux-ci dans votre planification, non pas en tant que perturbateurs, mais comme des éléments faisant partie intégrante de ce qui vous constitue, est un signe d’une grande sagesse pour quiconque souhaite avoir une longue carrière de coureur(se). Ensuite, ne sous-estimez pas la récupération : tel que mentionné plus haut, celle-ci est primordiale dans le principe d’adaptation. Puis, respectez vos limites. On le dit assez souvent : vous êtes votre propre bourreau. Soyez attentif(ve) aux signaux que vous envoie votre corps (une inquiétude, votre petit doigt, une hésitation lorsque venu le temps de faire cette série de plus, etc.) : ils sont les meilleurs indicateurs de votre niveau de forme et s’avèrent réels dans la plupart des situations.

 

À lire aussi :

Prévention des blessures
en course à pied

→ Mieux vaut prévenir que guérir ←

→ Le Principe de progression • découvrir son corps ←

→ Principe de progression • respecter ses limites ←

→ Économie de course • trouver le juste équilibre ←

→ La chaussure de course • le confort avant tout ←

→ Équilibre musculosquelettique • pour une meilleure efficacité de course ←

→ La conclusion ←

 


Sources :
[1] L’internaute, en ligne : http://www.linternaute.com/proverbe/605/mieux-vaut-prevenir-que-guerir/ [consulté le 13-06-2018].
Bertelsen et al. (2017). A framework for the etiology of running related injuries. In Scand J Med Sci Sports. Vol. 27 (11) :1170–1180.
• Videbaek S, Bueno AM, Nielsen RO, Rasmussen S. Incidence of running‐related injuries per 1000 h of running in different types of runners: a systematic review and meta‐analysis. Sports Med. 2015;45:10171026.
Principe de progression – Respecter ses limites :
[2] Bertelsen et al. (2017). A framework for the etiology of running related injuries. In Scand J Med Sci Sports. Vol. 27 (11) :1170–1180.
[3] Page Facebook du BRunch Sportif, #brunchsportif, #yenaquilefontlematin