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Équilibre musculosquelettique – pour une meilleure efficacité de course

Votre entraînement est au poil, vous êtes bien chaussé(e), vous avez le vent en poupe… Cependant, après un certain temps, vous remarquez de légères radiations le long de votre cuisse. Vous consultez votre médecin… le verdict tombe : syndrome de la bandelette ilio-tibiale.

Aujourd’hui, on compte de 6,8 à 59 blessures pour chaque 1000 heures d’entraînement [6], ce chiffre étant probablement augmenté chez les coureurs qui ne bénéficient pas d’une prise en charge adéquate en entraînement. Néanmoins, la blessure d’usure présente un paradigme récurrent : à un moment donné, la charge d’entraînement dépasse la capacité de réparation des tissus du ou de la sportif(ve).

On l’a dit plus haut : plusieurs facteurs, mis ensemble ou apparaissant successivement, peuvent influencer la charge d’entraînement s’ils ne font pas l’objet d’une transition adaptée, comme le changement de l’environnement (plat vs côtes, piste vs sentiers vs bitume, chaud vs froid, etc.), chaussure de course différente, changement dans la technique de course, etc.

Pour pallier à ces différents événements, un travail en musculation en parallèle de la course à pied peut s’avérer d’une extrême richesse pour la coureuse ou le coureur qui désire rallier le fil d’arrivée efficacement et sans blessure. Étant donné qu’avec l’arrivée des beaux jours, on a tendance à délaisser la salle de conditionnement physique et à engranger plus de kilomètres de course, le corps tend logiquement à perdre non seulement du gras, mais aussi de la masse musculaire. Les semaines qui précèdent les compétitions s’avèrent donc des périodes cruciales où l’exposition aux blessures augmente. L’adepte qui a fait de la musculation durant l’hiver – et qui la prolonge à raison d’une séance par semaine au minimum – a tout à gagner d’une préparation physique basée sur le maintien des qualités musculaires comme la force et l’endurance.

Pour ce faire, une prise en compte des charges induites à l’entraînement peut aider à cibler les muscles et les mouvements à travailler en priorité, selon les cycles de préparation. Par exemple, la coureuse de sentiers peut investir deux à trois séances de musculation durant sa préparation générale, avec des exercices ciblant le bas du corps, les hanches, les muscles stabilisateurs et le gainage, tout en évoluant vers le travail en force au fil des semaines.

L’entretien des muscles synergiques (ex: ceux qui contribuent au mouvement, mais en moindre proportion) et antagonistes (ex: la chaîne antérieure par rapport à la chaîne postérieure) aux membres qui travaillent le plus, influence la façon dont les muscles utilisent l’énergie disponible et permet in fine une meilleure efficacité de course [7]. La morphologie musculaire, les « éléments élastiques », mais aussi la mécanique articulaire [8], sont autant d’éléments permettant à notre sportive de mieux gérer ses montées, ses fins de course, mais aussi de prévenir des blessures d’usure éventuelles.

À lire aussi :

Prévention des blessures
en course à pied

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→ Équilibre musculosquelettique • pour une meilleure efficacité de course ←

→ La conclusion ←

 


Sources :
[1] L’internaute, en ligne : http://www.linternaute.com/proverbe/605/mieux-vaut-prevenir-que-guerir/ [consulté le 13-06-2018].
Bertelsen et al. (2017). A framework for the etiology of running related injuries. In Scand J Med Sci Sports. Vol. 27 (11) :1170–1180.
• Videbaek S, Bueno AM, Nielsen RO, Rasmussen S. Incidence of running‐related injuries per 1000 h of running in different types of runners: a systematic review and meta‐analysis. Sports Med. 2015;45:10171026.

 

Équilibre musculosquelettique :
[6]  Lopes, A.D., Hespanhol, L.C., Yeung, S.S. et al. « What are the Main Running-Related Musculoskeletal Injuries? A systematic review » Sports Med (2012) 42: 891.
[7] Saunders, P.U., Pyne, D.B., Telford, R.D. et al. « Factors affecting running economy in trained distance runners ». Sports Med (2004) 34: 465.
[8] Engeroff T, Bernardi A, Vogt L, Banzer W. « Efficiency of movement: Running economy in recreational runners. » Medicine & Science in Sports & Exercise (2014). 46(5S):949.