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La trousse du coureur hivernal – Les bases (1/2)

En hiver, l’arrivée des premiers flocons de neige rime avec ski, planche à neige, patin sur glace pour beaucoup d’entre nous. Mais qu’en est-il de ceux qui n’ont pas la fibre de la glisse, qui ne sont pas nés avec des lames de patins aux pieds ou qui n’ont tout simplement pas le budget pour se déporter dans les montagnes de ski à toutes les fins de semaines? Certains se dirigeront dans les salles de conditionnement physique ou accrocheront leur vélo à un support d’entraînement, pour passer les mois suivants à pédaler ou courir devant un écran de télévision… Un peu morne tout ça, non?

Et si on continuait de courir dehors?

Quoi? Courir dans la « sloche », dans le froid, dans la neige, dans le noir, dans la rue (à défaut des trottoirs qui ne sont pas déglacés)?

Oui oui! Dehors! À -30 degrés, en souliers de course, en raquettes ou avec des crampons, en groupe et même avec le sourire!

Pour ceux et celles qui sont tenté-e-s de se lancer mais qui ne savent pas trop par où commencer, voici une petite trousse à outils pour partir à l’aventure dans les meilleures conditions.

 

On se met en mode « hiver »

En langage automobile, c’est comme passer de la transmission automatique à la transmission manuelle… L’été, on peut courir sans trop se soucier de ce qui se passe sous nos pieds. Dans le pire des cas, on évite de petits obstacles, on gravit des trottoirs (ou des chantiers de construction!), etc. La course est fluide, la route défile sous nos pieds, on se met en mode « vitesse de croisière » et le reste se fait tout seul. En hiver… Boum! L’apparition de la neige, du froid et de la glace bousculent nos repères. Le sol change de propriétés, devient plus glissant, instable, imprévisible… Disons-le tout de go : courir en hiver, c’est un peu comme changer de sport, ou presque. Les coureurs de sentiers sauront probablement mieux gérer la transition, mais pour toute personne qui débute, il faut absolument se mettre dans un état d’éveil, d’apprentissage, car la course hivernale n’a rien à voir avec son équivalent estival.

 

On sort les pneus d’hiver!

Une fois que le bouton « hiver » est activé, il faut se chausser. Si vous êtes adepte de la course sur route, peut-être voudrez-vous opter pour une paire de chaussures résistante aux intempéries? À ce sujet, référez-vous à notre article « On sort les pneus d’hiver! » pour faire le choix de souliers qui correspondra le mieux à votre profil de coureur-se. Car en matière de chaussures de course, sont à prendre en compte la protection des pieds, mais aussi le type de crampons sous les semelles, que vous choisirez plus ou moins acérés selon vos parcours et vos habitudes d’entraînement.

 

Il n’y a pas de mauvaises températures. Il n’y a que des mauvais vêtements. – dixit le grand manitou!

 

On se couvre de façon adéquate

Si le grand manitou l’a dit, c’est que c’est vrai! Sans blague… d’aucuns vous le diront : si on veut prendre plaisir à faire du sport à l’extérieur, il faut se couvrir intelligemment. Et en matière d’activité physique par grand froid, cela passe inévitablement par le système multi-couches. Le but est toujours le même : il vaut mieux accumuler les fines couches de vêtements que de n’avoir qu’une ou deux grosses épaisseurs à se mettre. Une fois que le corps est activé et que la température augmente, il est plus facile d’enlever une pelure mince que de rester pris-e avec un gros manteau qui vous fait transpirer et avec lequel vous êtes retenu-e prisonnier-ère, de peur de prendre froid car pas assez de couches en dessous.

Donc, le mot d’ordre est le suivant (à quelques variations près, dépendant de votre expérience, de votre tolérance au froid et de vos préférences en matière de textile) :

Épaisseur numéro 1 : Près de la peau, en laine ou en fibres synthétiques. Son but est d’évacuer la transpiration vers les couches supérieures, de façon à rester actif-ve et au sec pendant la durée de l’activité. Par très grand froid, cette couche peut être plus épaisse.

Épaisseur numéro 2 : Par-dessus la couche numéro 1, celle-ci est plus épaisse et plus aérée, ce qui permet de garder près du corps la chaleur produite pendant l’effort. Dotée de fibres animales ou synthétiques, son épaisseur varie et peut être doublée, selon la température extérieure, le type ou la longueur de l’effort à faire.

Épaisseur numéro 3 : La coquille, la couche extérieure, celle qui nous protège des éléments. Lorsque la température passe sous la barre du zéro, on ne parle plus d’imperméable, mais de la membrane « Softshell », un tissu qui résiste à l’eau et au vent tout en gardant la chaleur près du corps.

 

On couvre les extrémités 

Va pour le tronc, qui reste la priorité lorsqu’il s’agit de sortir au grand froid. Ensuite, il faut considérer à un autre élément important : les extrémités du corps. Nous avons déjà parlé des chaussettes, mais nous avons peu abordé les autres endroits où la déperdition de chaleur est importante et qu’il est impératif de couvrir en hiver : la tête, le cou et les mains. Ces parties sont les plus distantes par rapport au cœur, là où la chaleur est générée. Si elles sont exposées au froid, elles vont ramener le sang refroidi jusqu’au cœur et entraîner une baisse générale de la température corporelle. Pour cette raison, couvrir les doigts, le nez, la tête et le cou vont retarder l’arrivée du froid et maintenir le plaisir à son plus haut niveau.

De plus, comble de la joie, l’industrie veille au grain et a pensé à vous, messieurs… Il existe maintenant une foule de choix de boxers et de caleçons équipés d’une protection supplémentaire au niveau de la « pompe-à-eau »! Quant à vous, mesdames, vous n’êtes pas en reste : le pendant féminin des mêmes sous-vêtements offre une protection ciblée à l’entre-jambes et aux fessiers.

Avant d’aller en magasin, faites d’abord l’inventaire de vos articles de sport. Qu’avez-vous qui puisse faire office de première, deuxième ou troisième couche parmi les vêtements que vous possédez déjà? Avec ces éléments en tête, vous serez en meilleure posture pour choisir ce qui manque et compléter votre attirail de course hivernale.

 

On est visible en tout temps

Encore une fois, les compagnies de vêtements de sport innovent et proposent une gamme de vêtements hivernaux aux couleurs voyantes ou dotés de motifs réfléchissants. Qu’il s’agisse de lumières fixées aux vêtements, sacs ou accessoires, de couleurs fluorescentes ou carrément d’une lampe frontale pour les plus nocturnes d’entre nous, tous les moyens sont bons pour annoncer sa présence lorsque l’on se déplace dans les bois, en ville ou à la campagne. Insistons ici sur l’importance d’être visible en tout temps, car bien que les voitures aient une responsabilité vis à vis des usagers les plus vulnérables, il est de notre devoir de nous faire voir par tous les moyens possibles. Souvenez-vous qu’au même titre que nous, qui ne sommes pas aussi stables qu’en été sur nos appuis, les voitures ont elles aussi ont une visibilité et une mobilité réduites causées par les aléas de la météo. La sécurité de tous passe par une attitude responsable de la part de tout un chacun.

 

Une fois qu’on est habillé-e, chaussé-e, prêt-e à partir, on fait quoi maintenant? La suite dans le prochain article : « La trousse du coureur hivernal – L’entrainement (2/2) »

 

 

Photo 1 : Burst, Nicole De Khors  / Photo 2 : unsplash, Matthew Henry, Photo 3 : ASICS