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Un été au Québec en cyclotourisme – choisir son vélo

L’année 2020 est exceptionnelle sur de nombreux plans. Le quotidien mis sur « pause », quelques uns1 en ont profité pour repenser leurs habitudes de vie et revoir leurs objectifs sportifs. Les aéroports rouvrent timidement leurs portes aux voyageurs étrangers, mais gageons que l’accent québécois dominera sur les chemins de la Belle Province cet été.

En effet, presque huit Québécois sur dix comptent rester sur le plancher des vaches cet été2. L’occasion rêvée de découvrir certaines de nos régions que l’on connaît seulement de nom? Peu fréquentées par le tourisme de masse, certaines régions du Québec regorgent de sites, de traditions, de plats et de saveurs à découvrir.

De tous les modes de transport, nous sommes plusieurs à croire que le cyclotourisme est un des moyens les plus ludiques et conviviaux de voyager. Si vous en doutiez jusqu’à maintenant, Boutique Courir dissipe tous vos doutes et vous propose ses conseils et liste de courses pour partir à l’aventure au rythme des pédales et des « wow »!

Le vélo

Pour rouler plusieurs heures par jour et plusieurs jours de suite, le choix de l’élément principal du voyage, à savoir la monture, s’avère crucial pour tout cyclotouriste en devenir. Le critère numéro un est sans conteste le confort, que l’on va chercher par le concours de plusieurs caractéristiques du vélo.

Photo : Trek 520 disque 2020 

La matière

D’abord, la matière. D’aucuns apprécient l’acier qui, bien que plus lourd que le carbone ou l’aluminium, est le meilleur rapport qualité/prix lorsqu’il s’agit de longue route. Sa variante plus dispendieuse, le carbone, que l’on peut incruster sur des parties stratégiques du vélo, les haubans, les bases et la fourche, par exemple, peut faire la différence. Le rapport de résistance/élasticité de la célèbre fibre en fait un matériau certes cher, mais privilégié pour le confort sur les longues distances. Outre l’acier et le carbone, on retrouve bien sûr l’aluminium, mais celui-ci est moins apprécié à cause de sa rigidité.

 

Une géométrie confortable

Un des points qui caractérise le vélo cyclotouriste du vélo de compétition, c’est bien sûr la géométrie du cadre. Pensés pour les longues heures de conduite, les vélos de cyclotourisme sont faits tout en longueur et en décontraction. Des bases plus longues, des douilles de direction plus hautes et un déport de fourche plus grand sont un gage de « souplesse, de confort [et de] maniabilité », comme c’est le cas avec le Trek 520. Autrement dit, un cadre moins serré assure une tenue de route et un confort que seuls les vélos cyclotouristes peuvent égaler.

 

Photo: Trek

 

Des composantes durables

L’un des principaux soucis du cyclotouriste, c’est de rouler la conscience tranquille. Ça tombe bien, parce que la tenue du système de transmission est un des points phares des vélos cyclotouristes. Dotés d’un florilège de vitesses, tant pour les montées difficiles que pour les descentes galvanisantes, les composantes des vélos de cyclotourisme sont choisies pour leur solidité et leur durabilité. L’ajout des freins à disques, héritage des vélos de montagne, est un élément rassurant pour la conduite du vélo dans des villes inconnues ou lorsque des petites bestioles décident de traverser la route sans regarder (!).

 

Un guidon agréable

Pour améliorer leur confort sur les longues heures de pédalage, certaines personnes n’hésitent pas à munir leur vélo de barres de triathlon. Elles existent en diverses formes et tailles, pour satisfaire toutes les préférences et les morphologies. Il n’y a pas de règle concernant le type de guidon à utiliser. Beaucoup aiment les guidons courbés comme ceux des vélos de route, car ils permettent justement de varier les positions en route et sont plus ergonomiques. D’autres préfèrent les guidons plats, pour la facilité de manoeuvre.

 

Des pneus tous terrains

Le choix des pneus se fait le plus souvent en fonction de la destination. Qu’ils soient lisses ou à crampons, préférez dans tous les cas des pneus de bonne qualité, renforcés et versatiles – donc avec un petit renfort de crampons tout de même. Vous partirez la conscience tranquille, prêt à franchir tous les types de routes et tous les changements de chemins.

 

Le kit de réparation

C’est la base! Sur le sujet, plusieurs options s’offrent à vous, en fonction de votre niveau de connaissances de la mécanique et de votre goût du risque (!). Si quelques uns transportent carrément leur boîte à outils, un minimum de matériel est toutefois nécessaire, ne serait-ce que pour les crevaisons et les petits couacs que vous pouvez rencontrer sur votre route.

Soyez sûr de transporter en tout temps avec vous au moins une chaîne, un pneu et deux chambres à air de rechange, une pompe à main, un kit de rustines (plusieurs rustines, papier sablé, colle), deux démonte-pneu et quelques outils indispensables (dérive-chaîne, clés Allen, clé à rayons, clé plate, tournevis, tournevis en croix, pince à maillons), très pratiques pour les pépins mineurs. Le reste, vous pouvez le laisser entre les mains des mécanos que vous trouverez sur votre chemin!

 

Les « plus » du vélo

Une bonne selle

La selle de vélo, très discrète à première vue, peut devenir un vrai calvaire sur un voyage de longue durée. Une selle non conforme à notre morphologie, trop large, trop étroite ou mal conçue, peut se transformer en supplice de la goutte d’eau! Prenez en compte votre angle de courbe sur le vélo, vos préférences personnelles en matière d’assise et d’appui du bassin, au moment de l’achat de votre vélo.

 

Des pédales et des chaussures

En règle générale, on préfère des pédales automatiques ou semi-automatiques (les fameuses « pédales à clips ») aux pédales plates. L’avantage de celles-ci, c’est qu’elles permettent au cycliste de faire corps avec son vélo, ainsi que de mieux développer sa puissance, comme les montées fréquentes l’exigent en voyage. D’autant plus qu’en cyclotourisme, les sacoches de vélo s’ajoutent à notre poids de corps, demandant un petit surplus d’âme au sein du relief québécois.

L’inconvénient qu’on peut trouver aux pédales automatiques, c’est la nécessité de porter les chaussures qui vont avec. Pour pouvoir « clipper », un petit mécanisme de fixation est intégré à la semelle de la chaussure. Cette dernière est plus rigide (et donc plus confortable pour le vélo) que les chaussures normales. Par ailleurs, les pédales semi-automatiques sont intéressantes, en ce qu’elles ont une face plate et une face « clip ». Versatiles, elles permettent de rouler avec les chaussures qu’on veut, comme lors des escapades en dehors du lieu de camp ou des promenades en ville.

 

Des sacoches à grandeur d’ambitions

Qui dit « cyclotourisme » dit forcément « bagages ». Que vous ayez envie de vous perdre dans les bois en pleine autonomie, ou encore de vous arrêter à chaque village pour y goûter les spécialités locales, chaque type de voyage nécessite un minimum de matériel. Celui-ci doit être pensé, trié et sélectionné en fonction des possibilités de stockage de votre vélo. Et ça tombe bien, car les vélos de cyclotourisme sont bourrés de cachettes pour y fixer vos innombrables sacoches.

Imperméables ou assorties de housses protectrices, les sacoches de vélo se posent sur des porte-bagages intégrés ou fixés au vélo. Les possibilités de rangement sont infinies. En fonction des options de fixation de votre vélo, disposez vos bagages dans des sacs situés sur la roue avant, la roue arrière, le tube horizontal, le tube de selle, le guidon, etc.

 

L’hydratation

On n’y pense pas au premier abord, mais l’eau – son emplacement, qu’on le préfère en bouteille sur le cadre (comme ci-dessus) ou dans une poche à eau sur le dos – est un élément indispensable du voyage. Veillez à rendre accessible votre dispositif d’hydratation, pour éviter de devoir descendre du vélo à toutes les 5 minutes pour prendre une gorgée!

 

La visibilité

Sur les routes peu fréquentées et parfois entre deux villages, les lampadaires se font rares. Pour éviter d’être surpris par la noirceur de fin de journée ou simplement pour rester visible en bord de route, les feux avant et arrière sont des incontournables de votre matériel de sécurité. Pensez également à l’utilité de porter un gilet jaune de sécurité pour la journée, ainsi que des réflecteurs et une sonnette pour annoncer votre présence auprès des piétons. On ne pourra jamais vous reprocher d’être trop prudent.

 

D’autres éléments sur la liste de courses

  • Des garde-boue avant et arrière
  • Un odomètre et/ou un GPS, ou encore un support pour fixer son téléphone intelligent, pour garder un oeil sur l’itinéraire.
  • Une béquille : pour s’arrêter brièvement sans que le vélo ne tombe par terre à cause du poids des sacoches.
  • Des rétroviseurs sur le guidon et/ou sur le casque, utiles pour voir ce qui vient derrière.
  • Un antivol, pour les arrêts en camping, en ville ou au casse-croûte.
  • Pensez également à la possibilité de tirer une petite remorque plutôt que de porter tout le poids de vos bagages sur le vélo. Cette solution peut être utile pour ceux qui veulent utiliser leur vélo de route sans encombrer ce dernier de portes-bagages, ou qui souhaitent rayonner autour du campement en toute légèreté.

 

 

Plutôt que de partir très loin cet été, rester aux alentours de notre Belle Province semble être une option de choix pour une grande partie des Québécois. Après le choix du vélo, vient logiquement la panoplie du cycliste. Que vous voyagiez en famille, entre amis ou en solo, certains basiques sont non négligeables.

 

Retrouvez la suite de notre dossier sur le voyage à vélo ci-dessous: 

Un été au Québec en cyclotourisme – le cycliste

 


Sources :
1 L’usage du masculin dans le texte a pour but d’alléger celui-ci.
2 Stéphane Lévesque, « Moins de vacances pour les Québécois selon un sondage », dans La Voix du Sud, 16-06-2020. Disponible en ligne : [https://www.lavoixdusud.com/2020/06/16/moins-de-vacances-pour-les-quebecois-selon-un-sondage/], consulté le 21-06-2020.
3 Matériel-Vélo, « Choisir la géométrie de son vélo »
Photos: Trek